23.02.2011

Je suis un "enfoiré de blogueur"

J'ai toujours aimé Coluche. Les Restos du Coeur sont probablement la première cause avec laquelle je me suis trouvé en contact. Alors pour moi il est normal de cautionner les "les Enfoirés de blogueurs".
Les restos du coeur repartent cette année à l'assaut des supermarchés en faisant une collecte dans toute la France les 4 et 5 mars prochain. Certes 40 000 bénévoles sont mis à contribution, mais les blogueurs aussi, parrainés par Carrefour et Danone.

Carrefour et Danone? Et bien oui, c'est ça la responsabilité sociale en 2011. Si, comme je le fais ici, vous écrivez un billet à propos de cette opération des Restos du Coeur, Carrefour et Danone s'engagent à offrir 10 repas à l'organisation par billet.
Voici comment ca marche:

 

blogueur, restos du coeur

 

Ah mais bien sur ça ne s'arrête pas là:
 
  • Carrefour et Danone s’engagent à contribuer au bénévolat avec 3000 salariés en renfort pour aider les Restos du Coeur.
  • Aide à l’insertion et mécénat de compétences tout au long de l’année.
  • Opération promotionnelle : du 16 au 22 mars, 1 repas est offert aux Restos pour l’achat de 4 produits Danone. (Objectif d'un million de repas)
  • Ca me rappelle un peu les marques qui incitent à faire un like sur leur page facebook pour donner un peu d'argent à une cause. Je n'aime pas trop la logique de se contenter de demander à l'internaute de liker une page pour montrer son engagement à une cause. Le fameux slacktivisme facile. Par contre ici, et c'est ce qui me plait, on demande quand même un engagement plus important: celui d'écrire un billet. Non seulement c'est plus long, plus demandant mais en plus, on peut imaginer que les blogueurs vont promouvoir activement leur billet.

    Pour les marques je comprends l'implication: les valeurs de solidarités sont universelles, les Restos du coeur sont une organisation populaire dont l'engouement ne s'essouffle pas. Quand aux Restos, ils profitent de plus de moyens et de visibilité dans les supermarchés. L'an dernier 103 millions de repas ont été offerts. C'est quelque chose. Enfin les blogueurs: ils font une BA et on parie sur le fait qu'ils seront reconnaissants aux marques de leur avoir offert cette opportunité (et que leurs lecteurs aussi)

    On s'entend que ça n'est pas avec le nombre de billets de blogues obtenus que le nombre de repas va être multiplié comme des petits pains. Mais ça va surement contribuer à faire connaitre la cause et l'opération un petit peu plus. On travaille sur le long terme, sur la notoriété, sur l'engagement. Bref, on fait du slow marketing, et ça marche. C'est ce qu'explique ci-dessous Olivier Berthe, président des Restos du Coeur.


     

    Article source sur : http://fontainedepierres.blogspot.com/2011/02/je-suis-un-enfoire-de-blogueur.html


    06.03.2010

    Un webothon pour Haïti

    webothon-illustr.png

    Le dimanche 21 février se tenait cet évènement organisé en vue de venir en aide à Haiti et de parler de médias sociaux dans la sphère humanitaire.

    Le résumé de l'opération, les capsules vidéo et le programme complet se trouvent ici.

    Le webothon organisé par la consultante Michelle Blanc était une première à plusieurs niveaux et une innovation remarquable dans le domaine de la philanthropie 2.0. J'ai donc voulu en savoir plus sur les attentes et les résultats des principaux intéressés. J'ai interrogé certains des participants que je connaissais. Leurs réponses m'incitent à penser que nous verrons avant longtemps d'autres webothon pour d'autres causes.

    D'abord et avant tout, contrairement à ce que le nom de webothon avait pu me laisser penser, il ne s'agissait absolument pas d'un téléthon sur le web.

    Comme me le précisait Michelle au téléphone, l'idée n'était pas de se péter les bretelles sur les montants donnés, ni de jouer à battre des records de donations... ce que j'ai effectivement toujours trouvé assez malsain à la télé.

    Par ailleurs, le webothon était entièrement bénévole, aucun participant n'a été rémunéré, et aucun argent n'a transité par eux: les dons étaient directement redirigés via http://haiti.guignoleeduweb.org/ aux organismes choisis:

    Le webothon jouait sur la force du web, la création d'hyperliens. Or, si on cherche aujourd'hui webothon sur google, on tombe sur plus de 28 000 résultats. Pour un mot qui n'existait pas le mois dernier, c'est un premier joli succès...

    Par ailleurs, Marisa Curcio d'Oxfam Québec m'a bien précisé que l'objectif premier de sa participation n'était pas forcément le montants des dons au cours de la journée mais plutôt de sensibiliser les ONG aux médias sociaux et surtout de venir faire partager l'expérience en nouveaux médias d'Oxfam.

    Le webothon n'aura certes eu que peu d'impact sur la fréquentation du site d'Oxfam, par contre, il est difficile de mesurer l'influence de la journée puisque tout le contenu est encore consultable - et consulté - sur Ustream (ce qui est un autre avantage par rapport au traditionnel téléthon télévisé).

    C'est dans cette optique qu'il faut comprendre la philosophie de Michelle Blanc quand elle dit: "Donnez un poisson et vous nourrissez quelqu'un pour un jour, montrez-lui à pêcher et vous le nourrissez pour la vie".

    Le webothon se voulait donc avant tout une tribune pour parler d'Haiti et faire en sorte que les médias sociaux soient utilisés plus fréquemment et de manière plus pertinente en période de crise par les organismes caritatifs.

    Par ailleurs, d'un point de vue plus technologique,

    Philippe Martin me faisait remarquer qu'une chaine de télé faisait ainsi pour la première fois l'expérience de la diffusion sur le web. En effet si l'évènement se tenait dans les bureaux de la chaîne de télé Vox, sa diffusion avait lieu exclusivement sur Ustream, en utilisant également Skype afin de réunir des intervenants issus de plusieurs continents.

    Je retiens que mettre les moyens de la télé pour diffuser sur le web est une avenue que l'on commence à peine à explorer et je trouve passionnant de constater que c'est la philanthropie qui permet d'ouvrir cette voix.

    Je me suis également demandé, et je m'en suis ouvert en toute transparence à Michelle, si au-delà de la pertinence de l'opération, on ne parlait pas seulement à un groupe d'initiés: les afficionados des médias sociaux, qui sont déjà des convaincus.

    Il est difficile de prévoir l'impact du webothon sur le traitement des prochaines crises par les ONG et impossible de mesurer son impact sur le taux de pénétration des médias sociaux au sein des ONG au cours de la prochaine année. Toutefois, je crois que Michelle a raison d'être optimiste à ce sujet puisqu'elle me signalait que la vice-consul d'haiti l'avait contactée dès le lendemain du webothon pour un colloque, ce qui illustrait bien que l'on était déjà sorti du cercle des initiés.

    Alors finalement le webothon, un succès?

    Au regard de l'importance de la discussion sur le web, assurément, rendu là, on peut même parler de buzz. En terme de levée de fonds, pas terrible certes, mais si on considère que ce qui a été accompli est un travail d'éducation, et que les ONG seront désormais mieux outillées pour lever des fonds sur le web, il y a lieu d'être optimiste et de ne pas attacher trop d'importance à ce critère, du moins à court terme. Enfin, troisième point, qui dépasse de loin le seul cadre de la philanthropie, si le webothon a permis de faciliter la diffusion par des chaines TV de contenu sur le web, c'est un pas en avant non négligeable pour toute l'industrie.

    Bilan des courses: je ne serai pas étonné d'assister à d'autres webothons dans un avenir rapproché. Peut-être même, on peut bien rêver, un webothon multi-causes, qui parviendra à ressouder les pots cassés lors de la polémique du téléthon...

    28.11.2009

    La philanthropie d'entreprise en crise

    L'état de l'économie mondiale se répercute sur les dons des entreprises.

    Le nouveau rapport 2009 "Giving in numbers" vient de sortir.
    Il fait état du don par des entreprises privées en se basant sur l'analyse des donations de 137 compagnies dont 55 parmi le classement "Fortune 100" réalisées en 2008.

    Le rapport signale que:

    • 53% des 102 plus grandes compagnies sondées ont déclaré une hausse de leur don malgré une économie en récession, les autres ont moins donné.

    • 27% ont même augmenté leur don de plus de 10%.

    • Les augmentations de dons ont surtout été faites en biens et services plus qu'en espèce sonnante et trébuchante.

    • Les entreprises classées dans le "Fortune 100" donnent en moyenne 18% de leur don à des organismes internationaux, contre 11% pour les "non F-100".

    • 86% des compagnies sondées ont leur propre fondation.

    • L'étude constate que le don s'érode continuellement depuis plusieurs années, passant de 10,7 milliards de dollars en 2006 à 10,3 milliards de dollars en 2008.

    total giving.jpg
    • Bien que les chiffres de 2009 ne fassent pas partie de l'étude, 56% des chefs d'entreprise interrogés ont déclaré vouloir concentrer leur don sur une cause reliée à leur stratégie d'affaires pour les années à venir.

    L'étude complète est téléchargeable ici, gratuitement (mais il faut s'enregistrer).

    La tendance semble d'ores et déjà se maintenir pour 2009. En effet selonune étude de LGB research, citée par USA Today et basée sur un sondage réalisé auprès de 76 entreprises, la philanthropie d'entreprise devrait diminuer d'encore 2% à 5% par rapport à 2008.

    C'est donc, malheureusement, quand les besoins sont les plus criants que les dons diminuent.