01.02.2010

La poésie de la sécurité routière

Je me suis toujours élevé contre les pubs coup de poing, toujours plus violentes. Comme s'il fallait en permanence trouver des images plus chocs pour "scotcher" son public.

Les plus fort en shockvertising, ce sont les anglais. Leurs pubs pour la prévention routière ne fait en général pas dans le détail, comme je le montrais (notamment) ici.

Mais avec ce spot ci-dessous pour la sécurité routière dans le Sussex (Sussex Safer Roads) qui incite au port de la ceinture, nous avons franchi une étape décisive.

On a compris que l'escalade de la violence et du gore avait touché son sommet, et on a changé le fusil d'épaule pour aller vers un spot aux effets spéciaux magnifiques, qui vous tire les tripes avec des jeux de regards plus qu'avec de l'hémoglobine, et ça c'est nouveau.

Enfin un message positif

Et puis le message! Enfin un message de changement de comportement qui soit tourné de manière positive. On ne nous dit plus: "si vous ne faites pas ce que je vous dis vous allez mourrir!" Au contraire, les dernières images sont des sourires, pas des larmes.

Et ça marche, le spot connait une propagation virale autour de la planète, je commence à le voir partout, on me l'envoie, des potes blogueurs en parlent, depuis qu'il a été lancé la semaine dernière. Preuve qu'on était prêts à ça.

La campagne TV est relayée par le site web embrace life sur lequel il n'y a que le message vidéo. Ca suffit non?

J'adore! Enfin. Adieu shockvertising...

26.08.2009

Shockvertising contre les SMS au volant

Voici l'histoire de Cassie Cowan, une jeune adolescente qui a commis la fatale erreur d'écrire un texto en conduisant. Bilan: 4 longues minutes de souffrance pour le spectateur... et 4 personnes au cimetière.

Ce n'est plus un secret pour personne, je ne suis pas un fan du shockvertising, cette vieille technique qui utilise des images à la limite de l'insoutenable pour faire passer un message sociétal. J'ai déjà amplement critiqué cette technique dans la tendance du shockvertising, ou encore le shockvertising est mort. Il faut croire qu'il ne l'est pas partout ni pour tout le monde...

Il existe certes un aspect culturel à ce type de publicité. Les Britanniques l'utilisent très souvent, notamment en termes de sécurité routière, comme c'est ici le cas. Le spot ci-dessous est susceptible d'en choquer plus d'un(e). Ames sensibles s'abstenir... C'est pour ça que je le place tout en bas de la page.

Ce spot (qui ressemble plus à un court métrage qu'à une pub d'ailleurs) est destiné à être diffusé dans les écoles, lors d'un programme de 30 minutes sur la sécurité routière.

D'un côté, je suis assez convaincu que les jeunes assistant à de tels images éviteront de texter au volant, certes. Mais en même temps, il me semble que le même film pourrait fonctionner aussi contre l'alcool au volant, contre les drogues douces au volant, contre la vitesse au volant, ou pour le port de la ceinture... car finalement l'épisode du texto dure 20 secondes et tout le reste est consacré aux détails de l'accident.

A force de voir toujours les mêmes images d'accidents, de plus en plus pitoyables, larmoyantes (pitié le coup du bébé, c'est vraimment too much!) on finit fatalement par se lasser. On me répondra qu'il est adressé à des jeunes qui ont moins été exposés au phénomène. Je veux bien, mais ils ont tout de même l'âge de conduire, ils en ont vu d'autres...

Ce qui m'étonne de la part des Britanniques, c'est qu'ils continuent encore et toujours à utiliser cette recette du shockvertising depuis tant d'années. Ca me rappelle cette définition de la folie: "appliquer les mêmes recettes et attendre des résultats différents". Si les images-choc fonctionnaient, il n'y aurait plus d'accident depuis longtemps en Angleterre... La police de Gwent justifie sa campagne ici. Je ne suis pas convaincu. Je préfererais qu'ils me donnent des chiffres... mais je vous laisse juger, voici les images.

Voir la vidéo sur Youtube.com